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Pratiques de pointe

Dans l’objectif de répondre aux critères de désignation des établissements porteurs de la mission universitaire dans le secteur des services sociaux, le CCSMTL a mis en place un processus de développement des pratiques de pointe.  

Bien que toutes les pratiques de pointe soient des pratiques innovantes, ce ne sont pas toutes les pratiques innovantes qui peuvent revendiquer le statut de pratique de pointe. Ainsi, en s’appuyant sur les critères énoncés par le ministère de la Santé et des Services sociaux et en tenant compte du processus de développement d’une pratique innovante, le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL) définit une pratique de pointe comme étant :

Une pratique innovante qui comporte certaines caractéristiques et qui fait l’objet d’un processus de développement spécifique :

  • elle répond à un besoin social bien défini lié aux champs d’expertise de l’institut universitaire ;
  • elle résulte d’un arrimage entre les milieux de pratique et de recherche ;
  • elle est développée dans une perspective de transfert à d’autres organisations ;
  • sa théorie et ses processus sont explicités ;
  • l’évaluation de son expérimentation a démontré des retombées positives ;
  • elle est implantée dans un ou plusieurs milieux de pratique ;
  • elle est diffusée auprès d’autres établissements.

Le centre d’expertise de l’IUJD est un pôle d’innovation et de développement de pratiques de pointe

Vestiaire des pères

L'intervention auprès des pères en difficulté exige de tenir compte des modes de socialisation des hommes et de leur difficulté à demander de l'aide et à s'inscrire dans les logiques institutionnelles, particulièrement dans le contexte légal de la protection de la jeunesse.

Le programme Vestiaire des pères a été élaboré à la suite du projet clinico-scientifique, appelé SuPèrenova, qui lui s’était centré sur la recension et le développement des meilleures connaissances et pratiques entourant l’intervention auprès des pères et la relation père-enfant.

Il est destiné aux pères et à leurs enfants de 2 à 11 ans, qu’ils soient, ou non, accompagnés par la protection de la jeunesse et vise à favoriser l’engagement paternel. Il s’est développé autour d’un partenariat institutionnel communautaire avec l’organisme CooPère Rosemont à Montréal et les services de la protection de la jeunesse.

Il a reçu la mention d'honneur du Prix d'excellence MSSS 2016 : initiatives des organismes communautaires et des établissements catégorie partenariat.

Il a fait l’objet d’une évaluation de la mise en œuvre et des effets perçus du programme auprès des pères.

RESSOURCES ET DOCUMENTATION

Mon enfant et moi : programme pour les parents ayant un trouble de personnalité limite et les intervenants qui les accompagnent

On observe une forte proportion de problèmes de santé mentale chez les parents dont les enfants sont pris en charge par les services sociaux. Les plus récentes études révèlent que 21 % des mères dont l’enfant est suivi par les services de protection de la jeunesse au Québec ont un trouble de personnalité limite (TPL). Ce trouble est caractérisé par une instabilité de l’humeur et des relations interpersonnelles, une difficulté à contrôler ses pulsions, ses actions ou ses réactions impulsives, l’expression de colère, d’hostilité et de méfiance importante en présence de stress, et une faible tolérance à la frustration. Or, en plus de l’impact sur la parentalité, la présence d’un TPL pose de nombreux défis aux intervenants qui tentent de travailler dans le contexte d’une relation d’aide et de mobiliser cette clientèle pour qu’elle réponde adéquatement aux besoins de leur enfant.

C’est dans ce contexte que le projet Mon enfant et moi a été développé. Il se compose de deux volets :

  • Un groupe inspiré de la thérapie comportementale dialectique (TCD) pour les parents. Il vise à répondre aux besoins et enjeux spécifiques de ces parents (difficultés d’engagement, de relations interpersonnelles, de régulation des émotions, de tolérance à la détresse) et à diminuer les pratiques parentales problématiques.
  • Une formation pour les intervenants qui travaillent auprès de ces parents pour assurer une cohérence des interventions avec les stratégies apprises par le parent au sein du groupe, augmenter les habiletés à intervenir et favoriser la relation et la collaboration parent/intervenant.

Les activités proposées les aident donc à identifier et à diminuer les comportements, cognitions et émotions qui interfèrent dans l’exercice de leur rôle parental.

RESSOURCES ET DOCUMENTATION

Visites supervisées

Au Québec, plusieurs auteurs, intervenants et gestionnaires ont souligné la nécessité de mieux outiller les intervenants en ce qui concerne l’accompagnement clinique lors de visites supervisées. Il s’agit d’une pratique clinique qui exige de la part des intervenants beaucoup de savoir-faire et de savoir-être.  

Une démarche de recherche-action coordonnée par le Centre d’expertise, réunissant des chercheures de l’Université de Montréal et de l’Université de Nantes ainsi qu’un comité de travail composé de cliniciens, a permis de mener une démarche de co-construction des connaissances visant l’amélioration des pratiques.

Au terme de ces travaux, une formation hybride a été développée. Elle a permis de transformer les connaissances clinico-scientifiques en une démarche d’intervention facilitant l’appropriation des connaissances par les cliniciens. La formation tient compte de la complexité de l’intervention en protection de la jeunesse ainsi que de la richesse des connaissances développées en proposant plus d’une quinzaine d’heures d’activités interactives en ligne ou en présentiel ainsi qu’une dizaine d’outils imprimables utiles à la pratique quotidienne des intervenants. À l’heure actuelle, cette formation a été suivie par 1 686 personnes provenant de 15 des 17 régions administratives du Québec (CISSS/CIUSSS) et par quelques centaines d’intervenants en France.

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Approche de communauté d’entraide et de justice (ACEJ)

L’Approche de communauté d’entraide et de justice (ACEJ) est actuellement implantée dans des unités et foyers de groupe d’adolescentes à Montréal. L’ACEJ se fonde sur les modèles théoriques de Kohlberg, sur la communauté juste, et de Selman, sur les stratégies de négociations interpersonnelles, intégrées par Jacques Dionne dans une approche d’entraide et de justice. Les équipes qui utilisent cette approche mettent en place des activités (rencontres individuelles et de groupe) et des outils (p. ex. contrat de citoyenneté) qui visent à favoriser le développement des compétences sociomorales chez les jeunes placés dans ces milieux de vie. Le postulat de cette approche sous-tend que c’est par la participation à la vie d’une communauté démocratique et par l’entraide que les adolescents et adolescentes peuvent développer leur souci des autres et leur compétence à prendre soin d’eux-mêmes et des autres. Ce faisant, ils peuvent ainsi développer leur sens de l’équité et de la justice. L’ACEJ permet de créer une microsociété où les jeunes ont un droit égal à celui des adultes pour discuter et voter les règles de vie de leur communauté. Ils doivent également assumer les responsabilités concrètes de faire respecter ces règles et de planifier l’organisation de la vie collective au quotidien. C’est à travers la formulation et le renforcement des règles que les jeunes peuvent découvrir le sens de celles-ci et que graduellement, ils peuvent y accorder de l’importance.

Depuis 2011, une démarche rigoureuse d’implantation a été effectuée dans les unités et foyers de groupe ciblés par l’ACEJ. Les résultats de l’évaluation d’implantation, en 2017, ont également permis de constater les points forts de cette approche ainsi que les aspects à améliorer pour favoriser une utilisation encore plus intègre de cette approche. Une évaluation des effets est en cours de préparation.

RESSOURCES ET DOCUMENTATION

Attachement et adolescents

Tant dans les milieux cliniques que sur le plan de la recherche, la théorie de l’attachement est aujourd’hui reconnue comme un incontournable pour soutenir l’accompagnement des jeunes en difficulté et de leur famille.   

Or l’intégration des pratiques en attachement auprès des adolescents demeure un champ à investir : alors que chez les plus jeunes, les milieux d’interventions et d’hébergement utilisent de plus en plus les notions d’attachement, à l’adolescence, ces notions sont peu utilisées, et les pratiques se structurent davantage autour de la gestion des comportements. En lien avec ce constat, l’IUJD travaille depuis 2013 à développer des pratiques qui sont davantage centrées sur la théorie de l'attachement chez les adolescents.

Suite à un projet de co-construction ayant impliqué les milieux cliniques et la recherche, la formation « La théorie de l’attachement, pour un accompagnement plus sensible » a été développée en collaboration avec le Carrefour de formation du RUIJ et est maintenant disponible dans tout le réseau. À l’heure actuelle, le Centre d’expertise participe à un projet de recherche où la formation et l’outil clinique qui y est rattaché font l’objet d’une évaluation. Les objectifs de cette recherche évaluative sont d’évaluer les retombées de l’outil et de s’assurer que la formation réponde le mieux possible aux besoins des intervenants.

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Délaissement parental

Depuis 2010, différents séminaires cliniques ont été organisés par l’ACJQ (Association des Centres Jeunesse du Québec), le GRAVE (Groupe de recherche et d’action sur la victimisation des enfants) et le CJM-IU (Centre jeunesse de Montréal-Institut universitaire). Une réflexion clinique émerge de ces rencontres sur la nécessité de mieux reconnaître et accompagner les parentalités caractérisées par une profonde ambivalence dans l’engagement du parent envers l’enfant.

Le concept de « délaissement parental » est un processus qui s’installe de façon progressive, parfois insidieuse, et qui peut conduire, ou non, au renoncement parental. Les intervenants ne sont pas toujours outillés :

  • pour détecter rapidement les indices de délaissement, qui s’observent au fil des visites supervisées et en dehors de celles-ci (par exemple, le parent peut être présent à toutes les visites, tout en délaissant peu à peu son enfant) ;
  • pour en faire l’analyse en lien avec la clarification du projet de vie et
  • en rendre compte au parent, à l’enfant, aux collègues et en témoigner devant un juge.

De plus, il a été observé que l’intervenant se retrouve lui-même souvent affecté par la grande souffrance du parent et de l’enfant, ce qui peut nuire à son acceptation de l’ambivalence du parent.

Le but du projet est de créer une formation hybride permettant d’améliorer les pratiques des intervenants lorsqu’ils interviennent auprès de parents présentant des indices de délaissement parental. Spécifiquement, il s’agit de :

  • faire connaitre les différents indices de délaissement parental afin d’en faciliter l’identification et le partage avec le parent, l’enfant et au tribunal ;
  • sensibiliser les intervenants quant à l’importance d’accompagner ces parents ;
  • guider les intervenants dans l’utilisation d’interventions inspirées des techniques de mentalisation lorsqu’ils observent une situation de risque de délaissement.

Dépliant « Peu importe » : un outil pour aborder les notions d’identité et d’expression de genre

Depuis 2016, la Charte des droits et libertés du Québec a été modifiée pour y inclure l'identité et l'expression de genre comme motifs de discrimination. En lien avec ce nouveau contexte légal, un comité de travail sur la réalité trans a été mis sur pied au Programme jeunesse du CCSMTL, afin de rendre disponibles pour les différents acteurs du réseau les connaissances et les outils nécessaires à l’accompagnement de cette clientèle. 

Dans le cadre des travaux du comité, le Centre d’expertise mène des travaux qui visent à développer des pratiques novatrices qui soutiendront les intervenants dans la manière d’accompagner les jeunes trans ainsi que tous les jeunes concernés par les enjeux d’identité et d’expression de genre. 

Par exemple, un projet est en cours pour développer un outil permettant d’aborder les notions d’identité et d’expression de genre rapidement avec tous les jeunes, à leur entrée dans les services. L’outil prend la forme d’un dépliant remis au jeune, qui s’accompagne d’un guide d’animation à l’intention de l’intervenant. L’intervention proposée consiste en une conversation au cours de laquelle les notions d’identité et d’expression de genre sont expliquées au jeune, et où le jeune est informé que « Peu importe » son apparence, son identité ou ses différences, il sera accueilli et soutenu s’il souhaite discuter de ces sujets avec les intervenants en présence.

Une première version du dépliant et du guide d’animation a été développée dans le contexte de l’hébergement en centre de réadaptation ; cette première version sera prochainement évaluée, et possiblement adaptée aux autres milieux susceptibles de bénéficier d’un tel outil.

Approche communautaire sensible aux traumas au service de l'intégration sociale des jeunes placés

Peu d'approches cliniques favorisent l'épanouissement des jeunes et leur intégration sociocommunautaire de manière pérenne, tout en tenant compte de leurs difficultés comportementales et relationnelles. Ainsi, un nouveau foyer de groupe a été mis sur pied pour accueillir les adolescentes âgées entre 12 et 17 et encourager leur insertion dans la communauté, tout en restant sensible à leur passé traumatique.

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Développement des apprentissages à la vie adulte (DAVA)

Les organismes communautaires qui reçoivent les jeunes des centres jeunesse (CJ) confirment que leur degré d’autonomie est plus faible que les jeunes venant d’autres milieux. Ils déplorent le niveau de préparation que les services des CJ leur offrent. 

L’objectif de ce projet est d’améliorer les transitions à la vie adulte des jeunes de 16 à 18 ans. Des jeunes dont le projet de vie privilégié à la fin leur placement est l’autonomie. Le projet DAVA souhaite également établir une programmation individualisée en favorisant la participation du jeune, de ses proches et des acteurs de la communauté afin que cette dernière soit axée sur les besoins liés aux transitions à la vie adulte et la fin de son placement. 

Dans le même sens, des outils seront fournis aux intervenants qui accompagnent les jeunes, pour mieux faire face aux défis liés aux transitions vers l’autonomie.

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SPHÈRES

SPHÈRES vise à accompagner des jeunes montréalais âgés de 12 à 24 ans en situation d’exploitation sexuelle. L’intervention proposée est une démarche personnalisée et centrée sur leurs besoins et leurs aspirations. Leur participation est volontaire, c’est-à-dire qu’ils doivent reconnaître avoir des activités sexuelles qu’ils perçoivent comme étant problématiques.

Le projet SPHÈRES mise sur la collaboration entre des milieux institutionnels et communautaires afin d’accompagner ces jeunes dans leurs démarches de changement pour se construire une identité positive, développer leur autonomie et trouver leur place.

L’objectif général du projet Sphères est d’encourager le partenariat et l’élaboration d’actions concertées afin d’aider les jeunes à combler leurs besoins autrement que par une implication dans des comportements d’exploitation sexuelle.

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ACTES : activité clinique sur la traite et l'exploitation sexuelle

Très peu d’interventions ont été développées pour changer les attitudes et les comportements des personnes susceptibles d’avoir des activités de proxénétisme. Les programmes plus connus sont ceux destinés aux clients ou, dans une autre perspective, aux hommes en contexte de violence conjugale.

La majorité des jeunes contrevenants sont pris en charge pour des motifs autres que le proxénétisme, souvent de nature violente (ex.: tentative de meurtre, décharge d’une arme à feu, vol qualifié). La question de leurs activités criminelles liées au proxénétisme n’est généralement pas abordée. Pourtant, des constats cliniques et des résultats d’études nous indiquent que leurs premiers contacts avec milieu du proxénétisme seraient à l’adolescence.

C’est pourquoi l’IUJD tente de développer, en partenariat avec des partenaires communautaires (L’Anonyme et PACT de rue), une intervention spécifique en matière de prévention du proxénétisme auprès de jeunes contrevenants. Le projet a débuté en juin 2019 et son expérimentation est prévue jusqu’en avril 2022.

Réseau d'échange et de soutien aux actions locales (RÉSAL)

Depuis 2012, la Ville de Montréal a mis sur pied le Réseau d'échange et de soutien aux actions locales (RÉSAL) qui a permis de soutenir différents arrondissements et organismes montréalais dans leurs initiatives de prévention de la violence chez les jeunes. Coordonné par l’Institut universitaire Jeunes en difficulté, en collaboration avec le Centre international pour la prévention de la criminalité, le RÉSAL veut faire la promotion des meilleures pratiques en matière de prévention de la violence chez les jeunes.

Malgré tous les efforts existants sur le territoire montréalais, peu d'efforts sont investis dans la mise en œuvre d'actions concrètes et concertées. Pourtant, dans une optique de développement social, cette collaboration intersectorielle, au profit des jeunes, est essentielle. D'ici 2020, l’objectif du projet financé par le Ministère de la Sécurité publique du Québec est donc de déployer différentes actions concertées sur l’ensemble de l’île de Montréal. Par ce fait même, le RÉSAL offre un accompagnement aux milieux qui désirent procéder à la réalisation d'un diagnostic local de sécurité, leur permettant d'identifier leur priorité locale d'action.

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Formation hybride AAART — « S’entraîner à remplacer ses comportements agressifs »

L'obtention d'une subvention (PRISM : Programme régional d’innovations en santé mentale) a été l’occasion de mettre en lumière les avantages d'implanter le programme ART © (Aggression Replacement Training), reconnu comme l'une des pratiques exemplaires pour prévenir la récidive de jeunes contrevenants. L'une des évaluations d’ART © aux États-Unis démontre une diminution du taux de récidive des jeunes contrevenants de 24 % sur une période de 18 mois par rapport au groupe contrôle, ce qui génère des économies sociales de 11,66 $ pour chaque dollar investi dans le programme (WSIPP, 2004).

Malheureusement, ce programme est peu accessible pour l'ensemble des régions du Québec. Les quelques expérimentations réalisées diffèrent dans leur façon de le déployer et ne sont pas toujours intègres au programme original évalué.

L’Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD) du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal et le CISSS de la Montérégie-Est s’associent pour créer une formation réseau dans un format hybride (une partie en ligne et l’autre en présence) qui facilitera l’appropriation du programme par le plus grand nombre d’intervenants du Québec des programmes jeunesse des CISSS et CIUSS. La formation sera également accessible pour la francophonie. La formation s’adresse spécifiquement aux intervenants qui travaillent auprès de jeunes placés sous garde. Elle pourrait cependant convenir à une clientèle plus large de jeunes adolescents en difficulté.

ISO-Stress

L’approche ISO-Stress combine deux programmes développés par le Centre d’études sur le stress humain (CESH) ayant des effets prometteurs : Déstresse et Progresse pour les jeunes et Stress et Compagnie.

Elle vise à faire diminuer le stress de contagion et à prévenir le stress chronique auprès des équipes et des jeunes. L’approche vise spécifiquement à :

  1. Outiller le gestionnaire à l’accompagnement de la gestion du stress d’équipe (soutien individuel et d’équipe).
  2. Outiller les équipes afin qu’elles puissent gérer le stress d’équipe et offrir du soutien mutuel dans la gestion de leur stress.
  3. Outiller les intervenants afin qu’ils puissent gérer leur stress individuel, animer le programme Déstresse et Progresse auprès des jeunes ainsi que soutenir les jeunes dans la généralisation des acquis.
  4. Outiller les jeunes à savoir reconnaître et gérer leur stress.

L’approche est présentement en évaluation d’impact au CIUSSS-CSMTL, subventionnée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) de 2015 à 2020. Des résultats préliminaires sont prometteurs chez les intervenants, soit : diminution significative du stress perçu et de l’épuisement professionnel, diminution (tendance) du stress chronique et de la production de cortisol au réveil ; augmentation de l’ajustement au client et du sentiment de sécurité face à un client agressif.

Le processus d’implantation et les conditions gagnantes de pérennité de l’approche ont également été testés. Le projet, « Iso-stress - Soutien à l’Implantation, aux Adaptations en assurant la fidélité du programme et aux conditions de Pérennisation (SIAP) en Centre jeunesse (CJ) » 2018-2020, a pour objectif de compléter le développement et la mise en place de la structure SIAP afin de déployer le programme à d’autres organisations.

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Attachement, Régulation et Compétences (ARC)

Le modèle Attachement, Régulation, et Compétences (ARC) a été développé par une travailleuse sociale et une psychologue clinicienne de Boston. Il est reconnu comme une pratique prometteuse par le National Child Traumatic Stress Network et le Substance Abuse and Mental Health Services Administration. Il s’agit d’une approche basée sur la théorie du trauma, de l’attachement et du développement. Le modèle ARC vise à soutenir la réadaptation des enfants et des adolescents ayant vécu de multiples traumatismes, en outillant notamment les adultes qui en ont la garde. Elle permet de soutenir les éducateurs dans les attitudes à développer face à ces personnes blessées et parfois blessantes, avec des moyens à mettre en place pour favoriser un sentiment de sécurité, apprendre la régulation des émotions et aider la construction de l’identité à travers l’acquisition de compétences.

D’abord développé comme un projet pilote en 2014, l’implantation du modèle ARC s’est poursuivie depuis dans différents services de réadaptation québécois (auprès des enfants, des adolescents et de jeunes contrevenants) et sous forme de programme en groupe auprès des familles d’accueil. 

En 2014, Delphine Collin-Vézina, chercheure régulière à l’IUJD, a débuté l’évaluation l’implantation du modèle ARC dans des unités de réadaptation de plusieurs centres jeunesse au Québec. Elle vise à évaluer la pertinence du modèle ARC comme soutien à la formation et à la pratique des intervenants, mesurer les changements dans les croyances des intervenants, leurs interventions et leur sentiment d’efficacité, et documenter l’utilisation des mesures particulières dans les unités.

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