Francine Cyr, Ph.D., Psychologue, spécialisée dans l’intervention auprès des familles présentant des conflits sévères de séparation.
Résumé :
Les signalements reçus à la protection de la jeunesse impliquant des conflits sévères de séparation sont souvent complexes à évaluer. Un flou conceptuel persiste dans la définition des CSS, concept jugé trop inclusif par les experts et les chercheurs, ce qui peut embrouiller l’intervenant sur les mesures à appliquer. Un diagnostic erroné peut donner lieu à des pratiques qui aggraveront la situation conflictuelle et mettront l’enfant encore plus à risque. Des distinctions importantes doivent être faite entre les conflits sévères de séparation, l’aliénation parentale et la violence conjugale et familiale parce que ces réalités, malgré certains recoupements, nécessitent des dispositifs et méthodes d’intervention différents. Les meilleures pratiques pour intervenir dans les situations de conflits sévères de séparation mettent de l’avant la nécessité d’une approche systémique basée sur l’interdisciplinarité psycho judiciaire. Un juge qui demeure saisi du dossier, l’imputabilité des parents devant la cour et un mandat clair, ordonné par le juge aux intervenants psychosociaux font partie des ingrédients clés de l’efficacité des interventions dans ces cas complexes. Pour les avocats impliqués dans de tels dossiers, un changement de paradigme s’impose, dicté par la nécessité de protéger les enfants des mauvais traitements psychologiques dont ils sont victimes. L’intérêt supérieur de l’enfant doit être au premier plan dans la représentation de leurs clients. Divers paramètres et enjeux déontologiques de l’intervention psycho judiciaire seront présentés. Le contexte des mesures volontaires, si fondamental en protection de la jeunesse, se prête parfaitement au modèle d’intervention en contexte d’autorité qui sera proposé ici.