Comment résumer une carrière aussi riche en quelques lignes ? Sophie Massé laisse, après 35 années, un héritage marqué par la passion, la résilience et l’innovation. Elle a consacré sa vie à comprendre, soutenir et transformer pour le mieux-être des jeunes et des équipes. Retour sur un parcours inspirant dont la pierre angulaire demeure le bien-être collectif.
Sophie Massé a toujours eu une conviction forte : chaque défi est une opportunité d’apprentissage. Son parcours débute à Cité des Prairies (LSJPA), auprès d’adolescentes et adolescents en difficulté, avant de s’étendre à la Protection de la jeunesse et aux foyers de groupe.
Plusieurs réalisations ont marqué sa carrière. Dans le cadre de son travail en tant qu’éducatrice, elle a contribué à la mise en place d’activités qui favorisent le partage entre les adolescents et les adultes, aspect essentiel de la relation thérapeutique. Ces activités qui ont eu lieu à Cité des Prairies puis ensuite au Mont-Saint-Antoine. Elles ont permis de susciter des réflexions entourant le jugement moral des jeunes placés.
Elle a également animé plusieurs groupes de discussion sur divers sujets interpellant les jeunes auprès desquels elle intervenait, tels que la consommation, les relations de couple ou la communication avec les parents. La suite de sa carrière a été centrée autour du développement et de l’implantation de l’approche écosystémique ISO-stress : Bien-être collectif en co-construction avec 3 établissements (CISSS de la Mauricie-Centre-du-Québec, CISSS de Montérégie-Est et CISSS des Laurentides). Nous y reviendrons un peu plus loin.
Les réformes majeures du réseau de la santé et des services sociaux ont été pour elle des occasions uniques d’adaptation et d’innovation. Ces changements ont nourri un questionnement qui l’a guidée pendant plusieurs années : comment prévenir plutôt que réparer ?
Sophie identifie trois leviers permettant naviguer lors de réformes se déroulant dans des environnements complexes, dans notre cas le réseau de la santé et des services réseaux :
Les saines habitudes de vie : préserver son équilibre personnel et professionnel.
La capacité à transformer les obstacles en opportunités : une posture d’amélioration continue.
Ces leviers se sont concrétisés par son implication dans l’implantation de l’approche ISO-Stress co-construite avec plusieurs parties prenantes.
De cette réflexion est née, en 2010, l’approche ISO-Stress : Bien-être collectif, une méthode écosystémique validée scientifiquement par des chercheurs travaillant sur la thématique du stress humain.
Son objectif : convertir le stress chronique collectif en levier de résilience organisationnelle, en soutenant les équipes d’intervenants ainsi que les familles et les jeunes suivis en vertu de la LPJ, LSJPA et LSSSS.
Aujourd’hui, ce programme est implanté dans trois régions du Québec : Mauricie-Centre-du-Québec, Montérégie-Est et Laurentides et contribue à bâtir des milieux plus sains et durables, autant pour les intervenant.e.s, les gestionnaires que les jeunes et leurs familles.
« J’en ai des frissons quand on me raconte les effets sur les équipes, les jeunes et leurs familles », confie Sophie. Grâce à ISO-Stress : Bien-être collectif, elle laisse un héritage solide qui, elle l’espère, continuera d’inspirer Santé Québec.
Sonia Lupien, Ph. D., directrice, et Pierrich Plusquellec, Ph. D., codirecteur du Centre d’études sur le stress humain, ainsi que chercheur collaborateur IUJD, également professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal — ont tous deux agi comme collaborateurs scientifiques étroits auprès de Sophie pendant plusieurs années. Leur contribution a joué un rôle déterminant dans le développement et l’évaluation du programme ISO-Stress : Bien-être collectif.
Bien que cette quête du bien-être collective soit sans fin, Sophie entame maintenant une grande étape. Pour sa retraite elle envisage une vie équilibrée : sport, nature, famille et passions dont celle qu’elle a envers les chevaux. Et avec un doctorat récemment en poche, elle ne compte pas abandonner sa mission : continuer à transférer les connaissances favorisant le bien-être collectif.
Sophie Massé nous rappelle que la plus belle récompense est de voir les gens s’épanouir.
Elle souhaite d’ailleurs en terminant transmettre trois conseils qu’elle juge indispensables aux jeunes intervenant.e.s :
Choisir un milieu en adéquation avec ses valeurs et ses forces.
Demander et offrir de l’aide : le travail auprès des jeunes est une responsabilité collective.
Voir chaque adversité comme une occasion d’apprendre.
L’équipe de l’IUJD lui souhaite une retraite des plus épanouissantes! Avec l’énergie et la créativité qui l’ont toujours animée, nous sommes convaincus que cette nouvelle étape sera remplie de projets stimulants et de belles découvertes. Merci Sophie pour ton engagement et ta contribution remarquable!